Tête a tête avec Marcus. 4


Le week-end du 9 Avril, j’ai eu l’occasion d’interviewer un des plus grand journaliste dans le jeu vidéo. Une personne que j’admire depuis petite. Quand j’ai commencé mon blog, j’ai toujours souhaiter l’interviewer, qu’il apparaisse sur mon blog et en savoir un peu plus sur lui. Aujourd’hui c’est chose faite ! Je vous présente donc mon interview de … Marcus !

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Salut Marcus, je voulais savoir quel était ton parcours et si tu as toujours voulu devenir journaliste ou pas ?

Alors journaliste oui –rires- parce que j’ai fait des études de journalisme donc j’avais envie de faire ça ou de la pub, j’aurai bien aimé être créatif dans la pub. Par contre, journaliste dans le jeu vidéo non parce que ça n’existait pas quand j’étais petit moi. Quand j’étais petit, le seul jeu-vidéo qu’il y avait c’était «Pong», je ne pouvais pas imaginer qu’il y aurait des magazines, des chaînes de télé, des sites internet (il n’y avait pas Internet) qui parleraient de «Pong» tu vois, ça paraissait impossible. Donc je me suis lancé là-dedans parce qu’il y a eu quelques magazines qui se sont créés et puis je finissais mes études de communication quand j’ai vu un jour dans un magazine qui s’appelait «Micro News» une petite annonce où ils cherchaient des testeurs. J’ai envoyé un test de «Roger Rabbit» sur Amiga, sur une disquette. Ca leur a plu et ils m’ont dit «Viens on va te donner des jeux, tu vas les tester. Tu les ramène le samedi d’après, et puis si c’est bien on publie et si c’est vraiment très bien tu reviendras régulièrement» et voilà c’est comme ça que j’ai commencé.

Et après jusqu’à Game One, comment t’y es arrivé ?
C’est un tout petit milieu le jeu vidéo, en tout cas ça l’était à l’époque où moi j’ai commencé donc quand t’es copain avec les dix mecs d’une rédaction, quand y en a un qui part ailleurs tu gardes les contacts et du coup tout le monde se connaît dans ce milieu. J’ai des anciens copains qui travaillaient, notamment le photographe qui travaillait chez «Tilt» qui prenait des jeux en photos à l’époque (il n’y avait pas de capture écran) donc il venait avec un vrai appareil photo. Lui travaillait chez Canal + sur une émission qui s’appelait «Cyber Flash» et ils m’ont proposé de travailler avec eux. Ca parlait d’Internet, de jeux-vidéos, de nouvelles technologies à une époque où personne n’avait Internet, j’y suis allé et l’idée c’était qu’après «Cyber Flash» Canal + avait l’intention de créer une chaîne de jeux-vidéos qui est devenue Game One après. L’idée était d’aller travailler sur «Cyber Flash» et de préparer la création d’une chaîne de jeux-vidéos, la préparation de Game One. Tout ça par copinage parce que je connaissais le photographe de Tilt qui se retrouvait chez Canal +.

Comment se passe les tournages ? Est-ce que ce n’est pas trop pesant puisque tu dois faire d’autres choses, tu es tout le temps occupé ?
Oui, moi je suis un mercenaire du jeux vidéo. Je travaille pour Micromania, pour Game One, pour No Life. J’ai travaillé pour Jeux Actus, je fais les salons le week-end au lieu de me reposer -rires- donc si tu veux c’est vraiment un métier qui est absolument génial et passionnant mais qui n’est pas très bien payé contrairement à ce que les gens imaginent donc je suis obligé d’avoir quatre ou cinq activités différentes pour pouvoir arriver à faire un salaire à peu près correct à l’âge que j’ai –rires- . J’ai une maison à payer donc il faut que je fasse rentrer un peu de sous quand même, beaucoup moins que Jean-Pierre Foucault ou que n’importe quelle star de n’importe quelle chaîne de télé mais ça suppose de travailler sur tout plein de trucs différentes.

Quand tu testes les jeux vidéo, quel est ton état d’esprit ? Est-ce que t’y vas pour te dire «Voilà que je sorte quelque chose de professionnel» ou t’y vas pour te dire «Je m’amuse et on verra ce que j’en sors» ?
J’ai la chance de pouvoir tester les jeux que je veux, j’ai pas de rédac’ chef qui me dit «Teste ça, emmène ça pour lundi» comme ça avait été le cas dans ma carrière avant dans la presse écrite même s’il me laissait quand même le choix. Là par exemple pour No Life je peux choisir les jeux que je teste, j’essaie tous les jeux qui me font envie et puis je sélectionne les quatre de chaque mois qui me plaisent le plus, tout est tourné en une journée et après c’est diffusé chaque semaine. C’est vraiment moi qui choisis, ça me permets d’essayer plein de trucs et ceux que je préfère, en général je les garde. Ou alors des fois aussi les plus mauvais parce que c’est bien de mettre en garde les gens quand un truc est vraiment mauvais et là tu vas y aller en disant «Oulala surtout n’allez pas mettre 60€ là-dedans, c’est une merde», c’est important de pouvoir prévenir les gens quand une arnaque se profile. Dans 90% des cas, c’est quand même plutôt des jeux que j’aime et dont j’ai envie de parler car j’ai envie que les jeux les essaient. J’ai pas toujours bon goût, par exemple je n’aime pas les Final Fantasy mais j’adore Pain, un jeu où on met un mec dans une catapulte et on le jette en l’air pour lui faire le plus de mal possible. C’est complètement idiot mais moi j’adore ce genre de trucs. Les gens qui me suivent depuis longtemps connaissent mes goûts, mes goûts d’chiottes, et donc ils me suivent et ils savent que je vais peut-être dire du mal de Final Fantasy mais peut-être qu’eux vont aimer. Ils savent comprendre et en laisser. Moi mon but c’est de jouer à un truc et de transmettre aux gens ce que j’ai ressenti, quel que soit le ressenti qu’il soit positif ou négatif pour qu’ensuite ils se fassent leur propre idée en fonction d’eux. Ils connaissent mon caractère et mon mauvais goût donc ils ne m’écoutent pas aveuglément. Je ne suis pas un gourou du jeu vidéo, les gens me font confiance mais ils n’écoutent pas non plus aveuglément ce que je leur dis. Ils ont un cerveau, oui heureusement, et ils s’en servent, c’est bien.

Pour tout ce qui est réseau social, qu’est-ce que tu utilises le plus souvent ?
J’suis beaucoup sur Facebook un peu par accident parce que j’aime pas trop les réseaux sociaux à priori mais il y a des gens qui avaient créé un profil Marcus sur Facebook et donc j’étais obligé d’y aller pour faire mon vrai profil et expliquer que les autres n’étaient pas le vrai Marcus. J’avais très peur que les mecs à un moment demandent «Bah envoyez-moi tous 1€ pour que je m’achète un jeu» et que je ne puisse pas contrôler le truc. C’est juste pour ça que je me suis inscrit sur Facebook au début, mais quand j’ai vu l’engouement des gens, c’est devenu un vrai outil de communication. Quand j’viens sur un salon comme ici, je préviens les gens à travers Facebook. J’utilise aussi Twitter mais très très peu, j’ai pas le réflexe. J’ai un vieux téléphone, j’ai du mal à tweeter c’est la galère. J’suis chez Free ça ne capte jamais.Fin voilà, j’ai du mal à tweeter. Alors qu’à la maison, devant mon écran, Facebook c’est beaucoup plus facile. J’rebalance les posts de Facebook sur Twitter, de temps en temps je fais quand même un petit tweet mais pas des masses. Et malgré ça j’ai, j’sais plus, 230 000 fans sur Facebook et plus de 100 000 je crois sur Twitter maintenant. Mais c’est génial ce contact avec les gens, il est direct : tu as un truc à dire et tu y vas. Tout le monde t’entend tout de suite, j’y ai vraiment pris goût et ça devient dans notre métier un truc vraiment indispensable. Je n’ai pas de community manager, je fais tout moi-même : c’est moi qui écrit les messages, c’est moi qui répond quand j’ai le temps de répondre… J’estime que ces trucs là se doivent d’être sincères. Si c’est pour avoir un community manager qui fait le boulot à ta place, ça n’a aucun intérêt. Je ne raconte pas chaque fois que je mange un sandwich ou des trucs comme ça, je raconte vraiment quand il y a des trucs intéressants, importants ou qui m’ont fait marrer. Ou même faire découvrir des jeunes YouTubeurs. La semaine dernière j’ai découvert un mec qui s’appelle lecoinarcade qui fait des tests de jeux et il est masqué, c’est assez rigolo. Il s’intègre dans les jeux : s’il joue à Outrun il va être dans la voiture à côté de la blonde, il va descendre de la voiture. J’trouve ça génial, j’ai été voir sa chaîne il fait 150 vues c’est horrible ! Y a des mecs qui font 3 000 000 de vues avec de la merde, lui il fait 150 vues avec un truc génial. Bon bah je mets un lien sur Facebook vers son site en disant «Allez voir ce type, c’est le dernier Christ super drôle, il mérite qu’on s’intéresse à lui ! ». Donc j’utilise Facebook pour mettre en lumière les jeunes «Padawans», j’suis un peu le Jedi des jeux-vidéos, qui prendront la relève quand je serai à la retraite. Donc ça sert aussi à ça, faire connaître des gens qui méritent à mon avis d’être connus.

Dans mon blog je parle beaucoup du côté Geek mais orienté vers le Girly afin de montrer que la femme dans le jeu vidéo sait être là et elle est présente. Et donc toi, que penses-tu des filles dans le jeu vidéo ?
Les filles dans le jeu vidéo sont comme nous en fait, c’est ça que les éditeurs ont mis longtemps à comprendre. Les filles jouent à Street Fighter comme nous, c’est pas la peine de lui faire un jeu avec des chatons et des bébés, qu’est-ce qu’elle a à s’en foutre ? Je travaille avec Kayane et Kythis, elles peuvent te défoncer à Street Fighter ou à Battlefield encore mieux qu’un mec. Il n’y a plus de différences de genres. Traditionnellement le jeu vidéo est plutôt un truc masculin car c’est plus des jeux de guerres, un truc de petit ado boutonneux mais ce n’est plus comme ça depuis très longtemps. Le jeu vidéo s’est transformé, tout le monde joue à Candy Crush ou Angry Birds dans le métro : la moyenne d’âge du joueur n’est plus 15 ans mais 30 ans, le pourcentage homme-femme on doit être à 50-50. Dans le hardcore gaming ça reste très masculin mais dans l’ensemble ça commence à s’harmoniser et quand tu dis «girly» j’imagine que t’es pas vraiment girly à mettre du rose de partout non ?

(moi) – Non, j’en ai mais je parle beaucoup de tout ce qui est jeu vidéo et ma façon de pensée au niveau fille en fait. C’est vraiment «Je joue à ça mais je te parle de ma façon de penser côté fille» et c’est vrai que ça change.

T’es une gameuse comme un gars, y a pas de style féminin, y a pas de différences. C’est bien j’suis fier de toi.

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Merci –rires- ! Est-ce que tu suis certaines filles, l’avancée de certaines personnes ou quoi que ce soit dans le jeu vidéo ?
Comme je travaille avec Kayane et Kythis, c’est des filles que j’adore suivre, elles sont vraiment supers. Sur YouTube y a des filles comme Ginger Force que j’aime bien, Les Chroniques de Vesper qui fait des critiques de films, elle parle de super héros… Les filles ont plein de choses à dire, c’est super intéressant tout autant que les mecs. Il n’y a aucune raison que ça soit autrement. J’aime bien suivre les nouveaux Youtubeurs quels qui soient. Y a vraiment du bon à prendre partout.

La dernière question : est-ce que tu as des projets futurs, quelque chose en cours ?
J’essaie déjà de faire le boulot que j’ai à faire, c’est déjà énorme mais j’ai du mal à y arriver parfois –rires- . J’ai pas trop de projets pour l’instant, j’ai écrit deux livres sur le rétro-gaming, pour le prochain il va falloir attendre 10 ans pour que la PlayStation 4 devienne une console rétro. Par contre j’ai ma petite BD «L’Intrépide» qui est une BD que j’avais créé quand j’avais 10 ans et qu’on a sorti il y a 2 ans et là tout le monde me réclame la suite. J’ai pas du tout eu le temps cette année de l’écrire mais je pense qu’avec Guillaume et Rémy on va l’écrire dans le courant de l’année et j’espère qu’on l’aura peut-être pour Noël, la suite de l’Intrépide. C’est un truc qui me tient à cœur en tout cas, c’est pas un gros projet mais c’est un truc qui me tient énormément à cœur.

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J’espère que vous en avez appris un peu plus sur son parcours et sur ses futurs projets. C’était un très grand honneur de passer du temps avec Marcus, un journaliste formidable, adorable et passionnant.
Merci à toi Marcus, pour ce moment privilégié a tes côtés et merci à l’équipe de Haru Japan Touch pour avoir organiser tout ça.

 

PS : Merci à Eva qui m’a aidé pour transcrire le texte 🙂

 

On se retrouve très vite pour un prochain article, sur callmeflowie.com 😉

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