Comment ma vie a basculé ? 1


Il y a des accidents plus ou moins grave, il y a ceux où on ressort miraculeusement sans séquelles, d’autres qui change notre vie à tout jamais. Non, je ne parle pas d’un accident de la route, je parle d’un accident de travail. Certes, je n’ai pas risqué ma vie à ce moment là mais elle ne sera plus jamais comme avant.

Le 7 Avril 2017. Ce jour là, je prenais mon poste à 9h, je ne sais pas pourquoi, j’avais un mauvais pressentiment, quelque chose allait se passer mais j’ai vite pensé à autre chose. Comme à mon habitude, je me connecte sur mon pc, le téléphone sonne, je mets mon casque. Je décroche et là…. un gros bruit, fort, je n’avais jamais entendu un bruit pareil. Je ne saurai même pas poser des mots dessus. Ce bruit était grave, j’ai l’impression que ça a explosé dans mon oreille. Je suis sonnée, mais j’ai un réflexe qui va me sauver : J’arrache le casque de ma tête, je le jette. Je demande à mes collègues autour d’écouter (de loin) pour confirmer que c’est bien un bruit provenant de mon casque. Je raccroche puis rappelle la personne. Je suis énervée, la personne savait très bien que son téléphone avait un problème et appelle quand même avec, cette personne a donc joué avec ma santé juste pour que j’entende le bruit de son téléphone. Après un simple redémarrage de sa box le problème est réglé, pourtant c’est pas faute de répéter « dans le doute, reboot ! ». Bref.
Je continue à prendre des appels, je suis sonnée mais je tiens le coup. L’heure de ma pause, je pose mon casque, me lève et là… vertiges. Je me sens bizarre. Je vais sur la terrasse mais les gens, le bruit, les voix tout est insupportable. J’ai l’impression d’être dans un bocal, tout résonne. J’ai l’impression de devenir folle. J’ai des bourdonnements dans l’oreille d’un côté et des sifflements de l’autre. Une douleur qui descends jusqu’à la mâchoire. Toutes ces sensations en même temps me donnent la nausée. J’en parle avec mon responsable, il me propose d’aller me reposer dans un endroit calme. Malheureusement, aucun endroit est calme ce jour là, les gens font du bruit, parlent fort et impossible de rentrer chez moi seule avec des vertiges.

Heureusement une amie vient me récupérer pour me ramener chez moi. Je passe ma journée à dormir, je suis épuisée, j’ai mal. Le lendemain je vais voir un médecin pour constater mon état, je ne me sens pas capable de retourner travailler. Je me fais ausculter, on me regarde de haut « bah écoutez pour moi y’a rien » je vous arrête aujourd’hui mais lundi vous y retournez. « PARDON ?! J’ai rdv mercredi chez un ORL arrêtez moi au moins jusque là ». Le médecin fait la gueule, mais accepte à contre cœur. J’ai eu raison d’insister car au rendez-vous avec le spécialiste, il se rend compte que j’ai une grosse inflammation au tympan droit. Résultat : Port de bouchons anti bruit et cortisone. Je suis arrêtée deux fois 3 semaines, je reprends donc en Mai à temps plein car je me sens mieux, j’ai l’impression que mes oreilles supportent mieux, grâce aux bruits ambiants, je n’entends même plus mes acouphènes.

Après ma reprise, je me sens mal, le bruit dans l’open space, le téléphone toute la journée ça me fatigue. Je rentre chaque soir épuisée, les acouphènes sont encore plus présent qu’avant, je n’entends que ça. Je n’arrivais même pas à suivre une conversation ou a isoler des paroles dans un contexte bruyant. Je prends donc rendez-vous avec la clinique spécialisée dans les acouphènes à Marseille : La Clinique Imerta, rendez-vous dans 3 semaines, il faut que je fasse avec. Mon responsable fait en sorte de me faire un planning adapté et de me donner des missions plus calmes pour éviter que je me fatigue trop. Entre temps, je réussi à avoir un rendez-vous avec la médecine du travail et ce n’est pas très joyeux, elle est à deux doigts de me mettre INAPTE mais elle décide de me laisser une chance de pouvoir rectifier ça « Tu es jeune, tes problèmes devraient s’arranger rapidement ». Je continue d’éviter le téléphone en attendant le rendez-vous à la clinique puis, le jour-J arrive. Bilan assez rapide et le verdict tombe : 20% d’audition en moins, hyperacousie à partir de 40 db et acouphènes (cliquez sur les mots pour en avoir la définition) persistants mais discrets, je vais devoir porter des prothèses auditives pour pouvoir continuer à travailler et me rendre en ville (ou tout autre endroit bruyant style Centre commercial).

Malheureusement, j’ai très mal supporté le port de ces prothèses, qui sont en réalité faites pour l’hyperacousie. J’entendais mes acouphènes dix fois plus qu’avant. Je devenais folle. J’avais pourtant très bien géré avant ça, je me sentais minable de ne plus pouvoir passer outre, je ne dormais plus la nuit. Avec le responsable de mon responsable, nous avons décidé qu’il était temps de passer en mi temps pour pouvoir me soulager. Je ne travaillerai que 3h30 par jour au lieu de 7h. Super solution ! Mais après 1 mois et demi de mi temps, je ne me sentais pas capable de continuer, le bruit était trop présent et je ne le supportais pas, même avec mes prothèses. J’ai alors été arrêté du 16 Août au 9 Octobre.

Ce qui m’a vite fait déchanter c’est le fait que comme c’est la sécurité sociale qui me paye en mi temps et que mon accident de travail n’est pas encore reconnu, je ne suis PAS PAYÉE… depuis 3 mois. Les dettes commencent à s’accumuler et c’est très dur de tenir le coup avec un salaire pour trois, sachant que pour 3 mois, je n’ai pas le droit à des aides supplémentaires. Depuis 5 mois, je cours à droite à gauche pour les papiers, je me donne à fond, entre les rendez-vous médicaux, les rendez-vous à la sécurité sociale, les galères avec le boulot, j’ai vite saturé. Il y a des jours où j’étais à deux doigts de tout arrêter, je n’en voyais plus le bout. Je pleurais pendant des heures, je me disais que jamais je n’y arriverai. Au final, avec l’aide de la sécurité sociale, j’ai pu avoir exactement tous les documents manquants, normalement ce mois ci devrait être la fin de la galère. Si tout va bien, je devrais pouvoir avoir un salaire normal et offrir un magnifique premier anniversaire à ma fille. Je pourrais à nouveau payer mon loyer, je pourrai à nouveau faire les courses et surtout on pourra à nouveau se faire plaisir. En parallèle, mon boulot m’a proposé un autre poste temporaire pour éviter de retrouver une ambiance pesante, le temps de me remettre de mon accident. Aujourd’hui, j’en vois enfin le bout. J’ai encore un petit bout de chemin avant la rémission totale, si elle arrive… mais je suis à nouveau sereine. J’ai récupéré à présent 10% de mon audition, ma tolérance au bruit est plus grande mais les acouphènes sont toujours là.

Je remercie toutes les personnes qui m’ont soutenu dans cette galère, les conseillères de la sécurité sociale qui se sont donné à fond pour trouver des solutions pour moi et surtout mes responsables qui ne m’ont pas lâcher. Dans ce genre de cas, on a besoin de soutien et j’ai eu le soutien suffisant pour ne pas baisser les bras.

 

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On se retrouve donc au plus vite sur Callmeflowie.com !

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