[Next Gen’] – Ce jour qui a changé ma vie. 10


Après vous avoir raconter les péripéties de ma grossesse, trimestres par trimestres, je vais aujourd’hui vous raconter le jour qui a changé ma vie. Ça a été à la fois le plus beau jour de ma vie mais aussi le plus traumatisant.

J’avais rendez-vous le 25 novembre, dans la mâtinée à la maternité pour une visite de contrôle car le terme approchait. Du coup le 24 Novembre, nous avons décidé de faire des courses pour éviter de les faire au retour et surtout car ayant passé une semaine à l’hôpital, nous n’avions plus rien a mangé. Après les courses, je commençais à me sentir pas très bien. J’avais quelques contractions dans les reins qui me dérangeaient un peu. Au cas où le soir, j’ai préféré manger peu. Au final… J’ai très bien fait. Les contractions ne passaient pas. J’ai pris une bonne douche, me suis détendue mais mes reins me faisaient toujours mal. Nous nous sommes couchés vers minuit, je me suis endormie puis… vers 1h, réveil douloureux. J’avais mal et ça m’empêchait de me rendormir, les douleurs étaient quand même plutôt supportables. Je joue sur le téléphone, je souffle un peu, je joue avec mes chats, je leur fais de gros câlins, j’essaye de penser à autre chose puis… vers 3h du matin, la douleur s’intensifie. J’ai mal, de plus en plus, la douleur est vive et intense. Je me lève, je marche, je fais du ballon, j’essaye de tenir mais ça devient insoutenable. Vers 4h du matin, je me suis décidée à réveiller mon chéri malgré le fait que son réveil allait sonner deux heures après. J’avais besoin de compagnie, de souffler et de penser à autre chose. Il se réveille, me demande si je veux aller à la maternité « Mais non t’inquiète, vers 9h j’y vais ! »  On discute, il me fait rire puis on commence à chronométrer les contractions. Trois minutes entre chaque ! Finalement, je change d’avis. je voulais attendre un maximum mais la douleur était trop vive, alors on se prépare, on (re) fait doucement les valises, chéri va prendre une bonne douche puis vers 5h50 on se dirige vers la maternité. Je rentre aux urgences à 6h05, la sage femme qui s’occupe de moi est la même qui s’est occupée de moi la semaine d’avant, du coup sans avoir sorti mon dossier elle me reconnait et m’annonce la bonne nouvelle : « Félicitations madame, le travail à commencé, vous êtes ouverte à 4 cm ! » On me place le cathéter avant de passer en salle de naissance, je me souviens encore de ce que j’ai sorti à la sage femme « Mais non, pas la main droite, je peux plus taper dans les murs quand j’ai mal ! » Elle a rit et m’a dit que c’était mieux d’accoucher avec un poignet valide. C’est vrai. Elle me propose d’appeler l’anesthésiste pour faire la péridurale. J’hésite un peu car je veux tenir le plus longtemps possible sans mais au final quand l’anesthésiste passe me voir en salle de travail, je craque. Je la veux !!! Il me prépare, je dis rien mais j’ai la frousse de cette fameuse aiguille dont la légende parle, qui est horriblement grande et qui fait horriblement mal. Il m’anesthésie d’abord la partie où il va piquer, puis essaye de voir si ça marche. Première anesthésie de ma vie, c’est super drôle ! Je sens qu’on me touche mais aucune douleur, c’est bizarre mais j’ai moins peur, je sentirai moins la grosse aiguille of the dead. Au final, je me mets en position « surtout madame, ne bougez plus. Si vous bougez c’est raté ! », la pression ! Au final, mon chéri m’aide à ne plus bouger, j’ai un léger mouvement de recul quand l’aiguille passe, la sensation est bizarre, pas très agréable mais largement supportable. « Voilà, c’est terminé, parfait ! ». Finalement, c’est pas si terrible cette grosse piqûre. On me met sur le dos, un peu relevée pour que le produit se diffuse correctement dans les jambes. Je me mets en mode vibreur, je tremble comme une folle, la sage femme me dit que c’est bon signe, le produit fait effet. Les tremblements cessent assez rapidement puis mes jambes deviennent chaudes et engourdies. C’est très agréable, j’étais vraiment bien ! Du coup, pour patienter, je sors la 3DS et me fait une petite partie de Pokémon Moon (fraîchement offert par mon chéri !)

(Oui, je n’assume pas du tout ma gueule)

Les heures passent, ça devient long. Les sages femmes me mettent sous perf pour accélérer le travail. Je ne sens rien mais je m’ennuie alors je décide de dormir un peu. A 15h, les sages femmes reviennent, « Oh ! C’est l’heure madame, on y va, va falloir pousser. » La tête dans le cul, j’ouvre les yeux, je vois tout le monde s’agiter autour de moi. Je sens que ça pousse dans les fesses. C’est vraiment l’heure, je commence à légèrement paniquer. Je recherche du réconfort dans les yeux de mon chéri, il me fait un grand sourire, alors je me sens prête. Je me mets en position avec l’aide de l’équipe et c’est parti.

Je pousse. 10, 20 puis 30 minutes, je m’essouffle. Elles m’encouragent, me disent de pousser plus efficacement, d’essayer une autre méthode, mais rien. La petite ne descend pas. Je vois qu’elles se regardent toutes puis elles décident d’appeler la gynécologue. Par chance, le médecin qui est de garde est celle qui m’a suivi pendant ma semaine ici. Elle m’explique qu’elle va aider ma princesse à sortir car elle a besoin d’aide. Elle sort la ventouse puis la met en place et me redemande à pousser, je m’essouffle encore comme une malade, la ventouse lâche trois fois. Rien. Elle passe aux forceps, là je panique. « Elle va faire quoi à ma fille ? Elle va lui tuer le crâne, ça va lui faire mal ?  » On essaye, mais rien, toujours bloquée. La gynécologue perd patience, me demande de pousser plus fort, mieux, mais je n’y arrive pas. Je vois une aide soignante courir en dehors de la salle. Elle revient avec un appareil à échographie, il s’allume, me passe le produit puis la sentence tombe : Minette regarde vers le haut, la tête est bloquée. Après 50 minutes de poussée, elle me demande d’essayer encore, mais mon corps ne suit plus, je suis trop fatiguée, je n’ai plus d’air, je n’arrive plus à respirer. Je pleure toute les larmes de mon corps, je m’en veux Je ne suis pas assez forte, je pousse pas bien, je mets la vie de ma fille en danger. Mon chéri me regarde, m’encourage, me soutien, je n’écoute plus que lui, j’essaye de me donner des force mais c’est trop dur. Puis voyant mon état, la décision est prise. Ça fait plus d’une heure, c’est trop long : Direction le bloc, il faut faire une césarienne.

Et là, ma crise prend le dessus, ce que je redoutais le plus arrive. Je vois qu’on m’éloigne du futur papa, je lui tiens la main tellement fort, je ne veux pas être seule, j’ai besoin de lui. Et là, je suis dans un état second. Je vois flou. Je me souviens des lumières au plafond qui défilent, puis je rentre dans une salle. L’équipe change, tout le monde s’agite. On me met une dose d’anesthésie supplémentaire qui me shoot. Je ne comprends plus grand chose. Je vois d’un coup mon chéri débarquer et me tenir la main. Il a eu l’autorisation de me tenir compagnie quelques minutes. Je souris, ça va un peu mieux. Puis, je sens qu’on me bouge dans tous les sens, j’ai des bouffées de chaleur et la nausée. L’anesthésiste présente dans la salle me rassure en me disant que c’est normal, c’est le produit qui est fort. Mon chéri me fait de l’air avec ce qu’il trouve. Puis d’un coup, je sens qu’on m’enlève quelque chose et …. des pleurs. Ma fille est née ! Il est 16h40 et ma fille est enfin . On me la présente, je peine à ouvrir les yeux, je la touche. Elle est si douce, elle a plein de cheveux, j’aimerai l’avoir contre moi mais on me la retire. Le papa part avec. Je me retrouve seule

Et là c’est les 40 minutes les plus longues de ma vie. La gentille anesthésiste reste avec moi, continue à me faire de l’air, me parle, me rassure, elle m’a même tenue la main. Elle me demande de m’endormir pour que ça passe plus vite mais impossible, je suis trop mal, j’ai envie de vomir tout ce que j’ai dans mon corps, ça bouge, c’est désagréable. Une fois recousue au ventre mais aussi en bas… une douleur atroce se fait sentir, je hurle de douleur. La gynécologue appuie sur mon utérus pour le rétracter et elle continue plusieurs fois. Je souffre, je pleure, je manque de m’évanouir puis une fois le drap enlevé, reflexe de nausées, mais rien ne sort, on me met quand même la tête dans un sac pour éviter d’en mettre partout si ça doit sortir. Mais heureusement, j’étais à jeun.
La gynécologue vient me voir, me félicite et me demande si je suis heureuse d’être maman. Impossible de sortir autre chose que « j’ai mal… » elle me repose la question car elle pensait que j’avais mal compris, j’acquiesce mais je ne me rend pas encore compte que ma fille est là. La seule chose à laquelle je pense c’est la douleur.

Une fois fini, on m’emmène en salle de réveil. J’aperçois GGolp et ma fille au loin mais je suis encore trop dans les vapes. La première chose que je dis en arrivant c’est « DONNEZ MOI UN ANTI DOULEUR ET UN ANTI VOMITIF ! » Les sages femmes s’exécutent, me soulagent puis là, je redescends. Je réalise enfin, petit à petit, je les regarde attentivement, je vois enfin le visage de ma fille et le sourire de mon homme. J’ai les larmes aux yeux. Elle est là, saine et sauve, je suis soulagée et je souris à mon tour. Nous sommes désormais parents d’une jolie petite fille : Evy, Zelda, Lily P., depuis ce 25 Novembre à 16h40, pile un mois avant Noël.

Avec du recul, même si cet accouchement a été difficile et traumatisant, même si j’en ai fait des cauchemars et que j’en cauchemarde encore, aujourd’hui je suis heureuse. Heureuse d’être maman, d’avoir réussis a faire cette petite merveille, elle est magnifique. Je suis fière et je suis contente d’avoir partagé ça avec un homme merveilleux, un super papa. Je m’en suis un peu voulu d’avoir laissé la douleur prendre le dessus, mais aujourd’hui je ne pense plus à la douleur. Ma fille est là et c’est le principal.


Mon récit se fini ainsi, je ferai surement d’autres articles sur ma nouvelle vie mais pas tout de suite. J’ai vraiment tout donné dans cet article, j’ai mis tout mon cœur et surtout tout ce que j’ai ressenti en cette fameuse journée. Je sais qu’il est long et que pas grand monde arrivera à tout lire mais je me devais de tout raconter. J’avais besoin de tout extérioriser.

Si vous aussi, vous voulez me parler de votre expérience côté maman ou côté papa, n’hésitez pas à réagir par commentaire.

En tout cas, on se retrouve très vite, sur Callmeflowie.com 😉

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10 commentaires sur “[Next Gen’] – Ce jour qui a changé ma vie.

  • Geekonoclaste

    Faut pas que tu culpabilises tu sais, tu as été extra pendant 9 mois afin de faire pousser ta fille et puis après ben.. la douleur c’est la douleur, elle rend complètement fou ! Tout le monde aurait eu du mal dans ta situation, t’imagines le niveau d’épuisement après 50 min de poussée ? Vu comme j’étais KO au bout de 5 je ne sais pas si j’aurais tenu tout ce temps ^^
    En tous cas j’espère sincèrement que tu arriveras vite à être en paix avec cette expérience de césarienne et que tu n’en feras plus de cauchemars. Merci d’avoir partagé ton xp, moi j’ai tout lu et avec plaisir 🙂
    Et puis maintenant y’a plus qu’à lui acheter la mini NES à cette petite! n_n

    • Callmeflowie Auteur du billet

      Avec le temps, j’arrive à moins m’en vouloir mais c’est un travail à faire sur moi.
      Merci pour ton retour en tout cas et même si je ne lui achète pas la mini NES, elle sera élevée au retrogaming ahah.

  • platypusgeek

    Beau moment que tu partage avec nous 🙂
    Dommage que mademoiselle soit resté coincé mais ça arrive. C’est bien pour ça que vous n’accouchez pas toute seule 😉
    Encore une fois félicitation à vous deux et bienvenue dans la vie de parent :p

  • Antoine et Simone Gomez

    J’ai bien lu ton reportage sur ton accouchement mais c’est l’aventure de beaucoup de mamans et un souvenir qui ne s’efface pas.C’est pour cela que les mamans tiennent autant à leurs enfants en leurs donnant tant d’amour, Idem pour leurs petits enfants même si elles ne les ont pas mis au monde mais si ils sont là c’est un peu grâce à elles.

  • blackstorm25

    Je t’avoue que ça me refroidit un peu sur le fait d’avoir un enfant mais je changerai sûrement d’avis. La douleur a l’air affreuse et ça fait peur mais on est des femmes, on peut tout supporter ou presque 😉 En tout cas, merci d’avoir partagé ton expérience.

    • Callmeflowie Auteur du billet

      Ahah, ce n’était pas mon but. Après, c’est vrai que bizarrement la douleur est très vite oubliée.
      Je connais beaucoup de femme qui n’ont même pas souffert de la césarienne, je l’ai juste pas acceptée donc mal vécue je pense.
      Comme tu dis, on est des femmes on est faites pour ça (enfin notre corps s’y prépare bien en tout cas ;)), ma grossesse comparée à d’autre était top, fallait bien que je douille quelque part.
      Merci à toi de l’avoir lu et j’espère qu’avec le temps tu changera d’avis, c’est une très belle expérience malgré tout et beaucoup de bonheur ! 😀